Un pêcheur de pensées en ellipse
Le but est de tenter une poésie ou création différente, entre le texte brut et le poème abouti, comme en ellipse. Les textes sont tissés avec des fils de fer (mais pas barbelés), des fils au chinois, des fils de laine, des fils de la Vierge, des cheveux d'ange, des brins de toute espèce... The goal is to attempt attaining to a different kind of poetry or creation, somewhere between raw text and a finished poem, like an ellipse.
vendredi 7 février 2025
Le keffieh*
Je porte plainte
Je porte plainte
Je porte plainte contre l'hypocrisie institutionnalisée
Contre la conspiration du silence tellement bien orchestrée
Contre la constipation symbolique des Eglises cadenassées
Contre la pulsion de mort bien entretenue par les médias coalisés
Je porte plainte contre vous et contre le reste de ceux qui observent
Une seule minute de silence quand les gens meurent
Sans jamais vraiment empêcher leur mort programmée
Sans jamais interagir intelligemment pour les sauver
Je porte plainte contre toutes les écoutes accumulées
Le vol des vies, le viol des corps et de l'intimité
Je porte plainte à tout jamais contre votre collectivité
Qui n'est pas plus collective qu'intelligemment dirigée
Je porte plainte contre tous ceux qui ont souillé la réputation
De ceux qui croient encore muettement ou non en la sincérité
Du Créateur que finalement la plupart d'entre vous au fond haïssez
Comme s'il vous avait vraiment fait un tort irréparable
En étant aussi discret que possible
Tout cela pour ne pas vous déranger
Tout cela pour ne pas vous forcer
Tout cela par pur amour de chacun et de sa liberté
Je porte plainte contre l'humanité
Qui ne respecte que l'argent
Et méprise le véritable
S'attache à la verroterie de la sexualité
Et refuse le cristal de la vraie complicité
Je porte plainte contre vos allusions cachées
Comme autant de dards dissimulés dans vos propos
Et prêts à décharger leur double contrainte
Dans l'esprit esseulé de ceux qui brebis sont bêlantes
Pour recevoir amour caresses et amitié...
vendredi 3 janvier 2025
Après des années de silence,
Retrouver le chemin de l'Armance
![]() |
Détail, tableau de la Salle des Illustres, Le Capitole, Toulouse |
L'Argentalet chante ses douces mélopées
Et je siffle tel un orgue déboussolé
Quelques notes en fa majeur
Et un peu de cet extraordinaire Gustav Mahler
Le 3 janvier 2025
Italien :
Dopo anni di silenzio,
Ritrovare il cammino dell'Armance
L'Argentalet canta le sue dolci melodie
E fischio come un organo disorientato
Alcune note in fa maggiore
E un po' di questo straordinario Gustav Mahler
Il 3 gennaio 2025
Anglais :
After years of silence,
Finding the path to Armance
The Argentalet sings its sweet melodies
And I whistle like a disoriented organ
A few notes in F major
And a bit of this extraordinary Gustav Mahler
January 3, 2025
Brésilien (portugais) :
Após anos de silêncio,
Encontrar o caminho de Armance
O Argentalet canta suas doces melodias
E eu assobio como um órgão desorientado
Algumas notas em fá maior
E um pouco deste extraordinário Gustav Mahler
mercredi 9 octobre 2019
L'Armance
L'Armance est mon fleuve imaginaire
Il coule entre Paris et la Durance
Il charrie des tonnes de débris naturels
A cause des tempêtes et débâcles en tout genre
Il pense et il sinue
Il méandre dans les rues
Il suppute le printemps à venir
Et les oripeaux de la flamme
Que je porte en moi
L'Armance est une image du monde
Qui s'avance vers l'océan sans fond
Et dribble les coups durs et consorts
Comme un trait d'esprit
Un witz sans faconde...
Intense
Nîmes le 9 octobre 2019
Montpellier, Dec. 26 2025
Armance is my imaginary river
It flows between Paris and the Durance
It carries tons and tons of natural debris
Due to storms and all kinds of breakups
It thinks and it winds
It meanders through the streets
It anticipates the coming spring
And the trappings of the flame
That I carry within me
Armance is an image of the world
Advancing towards the bottomless ocean
And dribbles the hard knocks and associates
Like a witty remark
A witz without verbosity...
Intense
jeudi 19 septembre 2019
Peuchère
Pauvres de nous
Nous sommes repus
Nous adipeux
Dans l'orpaillage de nos aveux
Il y a des pépites d'insolence
Et ce rictus qui danse en entrelacs
Pauvres de vous
Vous êtes déçus
Vous désireux
Dans l'ermitage de vos instances
Il y a des prurits de matheux
Et ce nectar de l'insouciance
Pauvres en déshérence
Obsolescents de nos prytanées
Evanescents de partages effacés
Nîmes, le 19 septembre 2019
Poor Us
We are sated
We are corpulent
In the gold panning of our confessions
There are nuggets of insolence
And that smirk dancing in interlacing patterns
Poor You
You are disappointed
You are desirous
In the hermitage of your instances
There are the itches of mathematicians
And that nectar of carefreeness
Poor in abandonment
Obsolescent from our prytums
Evanescent from erased shares
Nîmes, September 19, 2019
Montpellier, Dec. 26, 2024
jeudi 22 août 2019
Le cheval cassé
vendredi 19 juillet 2019
Un soupir dans les voiles
c'est un retour vers le centre du monde
le centre de tout, l'aube du premier jour
et le ventre du vide
au fond des aromates
spécieux
jeudi 11 avril 2019
Complainte congolaise
Mon nom est famine
Je cherche le sein emacié
De ma mère exsangue
Ma terre est déréliction
Objet de malédiction
On a pillé nos ressources
Et notre eau est souillée
Qui donnera le détail du sac de mes espérances
Du siège méthodique de nos villages
De ce massacre sans nom
De nos vies sacrifiées sur l'autel de votre avidité
Il me reste la mort et son regard vitreux
L'abstraction de la nuit
Et la douceur du sommeil éternel
Le silence et le fruit sec de l'harmattan
Je suis un mioche ventru
Mon nom vous est inconnu
Et je suis à vos pieds
Comme l'abjection personnifiée
Nîmes le 23 février 2019
samedi 15 décembre 2018
Aqua bonne
jeudi 6 décembre 2018
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur (VH)
Sous la pierre il y a ton âme
Comme un lézard langoureux
Qui donne un peu de dictame
A ceux qui l'ont fait amoureux
Sous la pierre il y a ton corps
Comme un étang paresseux
Qui reflète les verges d'or
Au long des berges de nos aveux
Photo © M.M. |
Qui dirige un monde honnête
Comme un rire de malappris
Au fond d'une argyronète
Sous la pierre je crois sentir
Un peu de ton doux éther
Comme un rire de menhir
Dans le matin délétère
Sous la pierre il y a ton cri
Un râle résonne en silence
Je me grise de son fruit
Comme je pleure en cette instance
Sous la pierre du souvenir
L'histoire bégaie en chagrin
Mais il y a encore tout l'empire
Des sens effacés de demain
6-12-2018
lundi 3 décembre 2018
"Tout semble impossible jusqu'à ce que ça arrive" - Nelson Mandela
Ça semble évident et pourtant
I'faut pouvoir le dire en rêvant
J'suis pas né dans un paradis
Autour de moi c'est la misère
c'est la misère qui refleurit...
Les murs lépreux pris de poussière
Les vieux vécés et leur trop-plein
Tout ça m'rend dingue et c'est certain
J'voudrais r'tourner dans l'sein d'ma mère
© "Roads" of Kiarostami |
et inventer un nouveau paradis
Où on coulerait des jours bénis
Avec mon pouvoir de fœtus
Je changerais le cours du temps
D'un simple et langoureux rictus
Je serais au centre du monde
Pour une éternité d'secondes
Je n'sortirais pas j'resterais
Embryonnaire à tout jamais
Je suis pas fort pour la chanson
Les mots maladroits sont légion
Et leur armée découragée
Font ma déprime et mes regrets
Mais je sais une chose
Pour tout l'or du monde
Même s'il va mal, le monde
C'est qu'un bouton de rose
Ne perd pas pour autant ses pétales
Avant d'éclore, ça, c'est normal
Alors me voilà écrivant
En attendant, en attendant
De retourner au beau giron
Au souterrain de mes afflictions
Dans la terre nourricière
Ma mère
© 2018 - écrit en pensant notamment au Yémen.
dimanche 2 décembre 2018
Mille milliards de mille débris...
Mille milliards de mille baisers
pour toi au centre de la vie
pour tous ceux qui peinent à l'envi
et ceux qui ont fauché tout'l'blé.
Mille milliards de mille sourires
pour toi qui vins en pure joie
pour tous ceux qui perdent la foi
et pour toi dont l'état empire.
© M.M. |
sur la grand'mer Humanité
Près des îles aux vents alizés
main courante au temps du couteau.
Mille milliards d'Émile et Bernard
un retour au val de l'oubli
le fuligineux de la nuit
un regard bleu de
nos renards.
Je t'aime comme on aime un abri
comme un antre ou même un refuge
un repair' contre les transfuges
toi qui vins à moi sans un bruit
Je t'aim' puisque je te l'dis
Tu m'as à tout jamais conquis
La vie.
vendredi 30 novembre 2018
Après un an...
ou bien une époque, une mère, c'est une présence
- Ce que le jour doit à la nuit, Mohammed Moulessehoul,
Te revoir enfin m'a transporté
dans les sommets les plus élevés
de la plus grande des joies
Ton regard ton sourire ta voix...
© M. M. |
Sublime de beauté intérieure
Tu crèves l'écran de mon coeur
Tous mes sentiments ressuscités...
je vois à travers toi comme jamais
Une vive émotion
une vraie commotion
Toi, tout entière
Toi,
jeudi 15 novembre 2018
Le crabe aux pinces coupées
Une étincelle dépensée
sur la grand'route des éléments
la mer le fer le feu le sang
Sur un mur de l'Université, Nîmes © M.M. |
comme un retour du mot d'amour
un chiot qui jouerait dans la boue
un grand vent doré de "surtout !"
à l'aube vrillée des vautours
je t'aime je t'aime à fond la vie
comme un opuscule majuscule
je t'aime et j'enfile un bon pull
reviens j'ai froid je te le dis
une escarcelle condamnée
sur le grand rite du grand orient
le fer le feu le temps le Temps
et la simple pugnacité
je t'aime je t'aime à donf tu sais
survivre une heure encor obstinément
lutter avec la force du printemps
bouter l'hiver et l'âpre nuit du dépité
crabe chancre cancer aux larges dents
je te hais tu es l'ennemi juré
je te donnerai le coup d'épée
que tu mérites dorénavant
© M.M. |
adieu vous tous les carnassiers
les fournisseurs de mes déboires
et les destructeurs de l'espoir
vous les réfringents obusiers
adieu cancer aux larges dents
je t'ai vaincu je crois ce jour
jusqu'au prochain combat des tours
sur l'échiquier de ce printemps
oh non je ne crie pas victoire
je bois la coupe du présent
et je me saoule en attendant
de ne plus jamais te revoir
adieu donc et n'oublie pas
succomber c'est l'plus facile
mais ma mort, ulcère imbécile
sonnerait ton propre glas
ne l'oublie pas
vendredi 9 novembre 2018
Emilie Itry-Delittry
Photo tirée du film "Roads of Kiarostami" |
mardi 6 novembre 2018
Je me meurs de ne pas te connaître
Ah ressource-toi forêt trempée
mercredi 31 octobre 2018
Trahi par un "ami"
Jésus-Christ n'en avait que douze, vous savez, et l'un d'eux était un agent double.
Trahi par un "ami"
Et livré aux nazis
Quand à Caluire l'œil torve
Jean Moulin était pris
![]() |
Photo prise sur Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Honor%C3%A9_d%27Estienne_d%27Orves |
Qui se souvient de lui
Se souvient de l'amour
Aussi fort que la nuit
Aussi fort que la mort
Jusqu'à la fin Kippour
Trahi
Chateauvieux
Mon adieu
Et la nuit
Évincée par la vie
lundi 29 octobre 2018
Le puzzle défectif
au couvain de tes yeux de velours
j'ai trouvé si belle plume
qu'à tes amants d'amour
je l'ai bien crue posthume
et si pour l'eau claire de tes toiles
les mains de Shiva se joignent
c'est pour pain béni de tes voiles
que le peuple de l'écrit l'empoigne
(comme vient cet été si ma mie revenait
si le vent entêté essoufflait son absence
si la pluie effaçait les traces du passé
je l'aimerais autant que tu aimes la danse...)
il manque deux pièces au puzzle de mes jours
sont-ce deux mots perdus à jamais, mon amour
29.10.2018 (sur un poème de jeunesse.)
vendredi 26 octobre 2018
Dors, dors, petit peuple d'or
Le sommeil est une sorte de protection, si paradoxal que cela puisse paraître.
Dors, dors, petit peuple d'or
Tu as la culture pauvre de l'authentique métayer
Tu danses devant les buffets des danses endiablées
De deuil de misère de fer et d'airain
Tu ressembles l'enfant qui geint sans pouvoir dire
Ce qui au fond de lui le fait tellement gémir
Dors, dors, petit populo
Tu n'as pas la couleur de la populace
Tu n'es pas la foule ni la masse
Tu as la noblesse du coeur et de l'eau
Tu ressembles à l'aube qui fond sur sa proie
En croisant les fenêtres et les dix doigts
(Le soleil des jours nouveaux)
Tu écris sur les murs de tes quartiers d'hiver
Tu dessines les lèvres de la vérité grave
Tu ressembles à l'homme qui a bien vu l'ours
Qui a dans sa besace ses pauvres ressources
(Le soleil des jours anciens)
Dors, dors, petit peuple sangle
Tu es celui qui donne espoir aux plus humbles
Celui qui gravit les monts éternels de ces capteurs d'âmes
Tu es celui que j'aime pour toujours
Dors, dors, petit peuple d'or,
Sur tes deux oreilles...
Mais brutal sera ton réveil
Crois-en un vieux lion doré
26 octobre 2018
mardi 23 octobre 2018
Comparse...
jeudi 18 octobre 2018
I love you, psychose...
Quelque simple chose
Une goutte de prose
Ou un parfum de rose
Je t'aime et tout et tout
Le prurit de mes joues
Petits riens qui nous séparent
Tu m'enfuis, on me barre
Et pourtant on s'aimait bien
Reviens ! Reviens ! Dès demain !
Quelque simple chose
Au lieu d'une sombre psychose...
Je reste à quai.
J'suis mal barré.
18 octobre 2018
Ce texte n'a pas de connotation politique... hihi...
vendredi 12 octobre 2018
Le bouclier humain
Je m'appelle Daoud
J'ai 17 ans
On m'a attaché avec quelques autres à une usine électrique
Nous ne savons pas trop ce que ça veut dire
On ne nous a rien dit
![]() |
© M.M. |
On est des sparadraps sur la plaie du monde
Contre l'explosion du monde
Contre le bombardement du monde
On nous nourrit un peu mieux qu'avant
C'est déjà ça
Mais la nuit je tremble
Parce que c'est la nuit qu'on envoie les bombes
Maman heureusement est là dans ma pensée
Elle m'accompagne avec sa douceur et sa bonté
Et puis il y a la prière
On la prononce 5 fois par jour
On est des bons musulmans
Pourquoi nous arrimer à ce bateau fixe
Qui peut couler à tout moment
En attendant que les jours passent
On pleure souvent, on rit parfois
On est exposés aux intempéries
Moi
J'aurais voulu avoir une amie
© M.M. |
Et aussi avoir des enfants
Mais ça fait déjà deux ans
Et on sait pas quand ça va s'arrêter
Cette folie de la guerre
On est des prisonniers sauveteurs
On est des gardes malgré nous
Des prisonniers avec un chapeau en ogive
Oui, je m'appelle Daoud
Je suis un bouclier humain
Priez pour moi et mes copains
12 octobre 2018
lundi 8 octobre 2018
Est-ce la nuit entre toutes ?
My deceased friend Aline, © M.M. |
7-8 octobre 2018